Article « Musée Haut Musée Bas... le délice anticipé »


Annie Kim Thériault, Philippe Soldevila et Yannick Coderre (photo : Michel Chartrand)

NORD INFO ET VOIX DES MILLE-ÎLES

Théâtre : Musée haut, musée bas… le délice anticipé

par Luc Proulx

Les comédiens mordaient dans le texte comme dans un fruit mûr, juteux, savoureux, succulent… en voulez-vous davantage pour vous convaincre d’y goûter vous aussi?

Il s’agit de la pièce Musée haut, musée bas, une déferlante de répliques assassines et de silences entrebâillés dans les dialogues comme autant de portes ouvertes aux spectateurs pour entrer dans le jeu de l’absurde.

Parce que c’est de cette façon qu’on nous a présenté cette pièce des finissants en interprétation et en production de l’Option-Théâtre Lionel-Groulx, c'est-à-dire en nous incluant au jeu, dans le studio Charles-Valois, pour entendre quelques bribes de ce texte génial de Jean-Michel Ribes, mis en scène par Philippe Soldevila.

« Au lieu d’allumer le feu, je gère le vent », d’expliquer celui qui dirige cette troupe, laquelle jouait effectivement de façon très allumée, avec ce qu’il faut de rythme dans les entrées et les sorties, sur une unité de ton parisien qui fonctionnait rondement.

La seule autre unité de cet éclatement théâtral est un lieu, ce musée dans lequel une galerie de personnages se révéleront par anecdotes et brèves rencontres.

Ce que les étudiants nous ont livré en dégustation nous a ouvert l’appétit pour cette fable comique qui sera jouée jusqu’à la dernière goutte au même studio Charles-Valois, du 12 au 15 octobre, en semaine à 19 h 30, ainsi qu’à 14 h et 19 h 30 le samedi.

À venir

D’autres productions sont à venir aussi vite qu’en décembre, avec La famille Pépin, un texte de Julie-Anne Ranger-Beauregard qui explore les névroses sociales en les projetant sur tous les membres de cette famille aux comportements compulsifs. Ce sera les 10 et 11 décembre.

Et il y aura ce classique de Michel Tremblay que l’on chantera en décembre, avec Demain matin, Montréal m’attend, sur des musiques de François Dompierre et les chorégraphies de Danielle Hotte et Sylvie Normandin. Ce théâtre musical sera joué du 9 au 13 décembre.

Puis, en mars 2012, Les Tragédies bourgeoises nous amèneront ailleurs, au Japon en fait, dans le conte fantastique de Chikamatsu Monzaermon, que l’on qualifie de Shakespeare japonais. Ça se comprend lorsqu’on lit dans sa démarche qu’il s’inspire de jeunes couples, au XVIIe siècle, qui ne pouvaient s’unir que dans la mort. Ce sera du 17 au 21 mars, dans une mise en scène d’Antoine Laprise.

On terminera avec un drame en théâtre musical, dont le livret de Maury Yestin est traduit par Yves Morin. Neuf sera mis en scène par Sylvain Scott et il s’inspire de 8 ½ de Fellini. Ça vous donne une idée du genre de cette pièce qui mettra les femmes en évidence de façon obsessive. Les représentations iront du 19 au 23 mai 2012.

Mais pour le moment c’est à Musée haut, musée bas que vous êtes convié et nous ne saurions trop vous recommander ce spectacle de l’absurde, qui dépeint délicieusement la vie à travers les yeux de ses visiteurs et des employés, avec un conservateur qui se désole de voir la nature envahir les salles, alors que les personnages sortent de leur cadre… Faites comme nous, suivez le guide en passant par la billetterie du Théâtre Lionel-Groulx.

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